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Les gravures mésolithiques de l’abri du Normont, à Rochefort-en-Yvelines

Dix mille ans avant la construction de celle qui trône aujourd’hui au parc de la Villette, les "géodes" suscitaient déjà l’intérêt des populations sillonnant l’Île-de-France... En ces temps anciens, les géodes correspondent à des cavités naturelles logées dans d’imposants massifs gréseux dont les parois tendres pouvaient être aisément gravées. On ne s’y rendait donc pas pour visionner des films projetés en trois dimensions mais pour retranscrire toutes sortes de pensées au moyen de gravures et, parfois même, de peintures.

En Île-de-France, la plus forte concentration de ces abris ornés se localise en Essonne et en Seine-et-Marne. Le matériel archéologique récolté dans certains d’entre eux a permis d’attribuer ces manifestations graphiques aux groupes mésolithiques. Chasseurs-collecteurs nomades, les mésolithiques s’implantent en Île-de-France et plus largement dans le Bassin parisien vers 9 500 ans avant J.-C., lors du réchauffement climatique de l’Holocène qui succède au dernier cycle glaciaire. Leur histoire s’achève vers 5 000 ans av. J.-C. avec l’arrivée des premiers groupes paysans sédentaires néolithiques, porteurs de nouvelles traditions.


Découvert en 1992, l’abri géodique du Normont est situé en bordure du massif forestier de Rambouillet, bien à l’écart de la zone où se concentrent actuellement les divers autres abris ornés connus. Il possède une ouverture naturelle circulaire qui, à une époque indéterminée, fut partiellement régularisée par martelage. L’espace interne se compose d’une unique salle d’environ 3,50 m de long et 2 m de large. La distance séparant le sol du plafond est, au maximum, de 1,20 m.

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Détail d’une paroi gravée

Parois verticales, plafond et sol sont presque entièrement recouverts de gravures dont la majorité appartient au répertoire des chasseurs-collecteurs mésolithiques. Les figurations se déclinent principalement en sillons isolés ou en séries parallèles, grilles et treillis. Certains spécialistes pensent qu’une part d’entre elles pourraient constituer les expressions symboliques d’éléments en vanneries confectionnés par ces populations (paroi de hutte, nasse à poissons, corbeille ?).

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Relevé d’un ensemble gravé

Comme dans la plupart des abris de ce type, s’ajoutent une gamme de motifs (marelle, croix latine, patronyme et date) d’époques protohistorique et historique, qui ont parfois recouverts les tracés plus anciens. L’abri du Normont n’en demeure pas moins exceptionnel puisqu’il livre, pour l’heure, le plus ancien témoignage de création graphique laissé par l’Homme dans le département des Yvelines.


- Bibliographie Paléolithique

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