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Episode 4 : le diagnostic sur le terrain...

du creusement des tranchées jusqu’à la fouille des structures, comment ont procédé les archéologues ?

De mai à septembre 2009 : 4,5 mois de terrain pour réaliser 17 km de tranchées de sondage.

L’implantation des tranchées

Avant leur creusement, les tranchées ont été matérialisées au sol, tous les 30 mètres, par du plâtre et un piquetage régulier. Les pelles mécaniques n’ont eu qu’à suivre le tracé ainsi défini.

L’ouverture des tranchées

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Repérage des sondages intermédiaires et des fenêtres.
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Une pelle mécanique ouvrant une tranchée sous l’oeil attentif de l’archéologue.

Les pelles mécaniques ont été réparties sur le terrain, chacune placée au début d’un tracé, les équipes d’archéologues face au godet pour être en mesure de vérifier s’il y avait des vestiges au fur et à mesure du creusement. A chaque découverte de vestiges, la pelle était stoppée pour vérifier quel type de structure se présentait. Puis, la pelle reculait et continuait la tranchée, pouvant aller jusqu’à une profondeur maximale de 2,50 mètres : la réalisation de paliers pour éviter tout effondrement, a permis de garantir la sécurité des archéologues.


Quand une occupation humaine était repérée, des tranchées supplémentaires ont été creusées entre les tranchées initiales ainsi que des « fenêtres » (surfaces de plusieurs m² ouvertes à partir des tranchées pour repérer d’autres structures et une éventuelle organisation des vestiges entre eux).

Les types de vestiges mis au jour

Grâce aux tranchées de sondage, les archéologues ont pu découvrir plusieurs types de vestiges d’occupations anciennes :

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L’archéologue repère les structures en creux et en trace le contour avec précision (ici, une très grande fosse et 3 trous de poteau néolithiques).

-  du mobilier épars dans les couches de sédiments : ce mobilier, trouvé en plus ou moins grande quantité, ne correspond pas à de véritables structures archéologiques, mais était le signe de la présence d’un site proche ou malheureusement déjà détruit.

-  des structures en « creux », vestiges de creusements réalisés par l’homme pour s’installer : trous pour implanter les poteaux d’un bâtiment, fosses pour extraire de la terre, pour enterrer un défunt, pour jeter des détritus, des fossés défensifs… Elles se distinguaient dans le sol grâce à la différence de couleurs et de textures des sédiments qui constituaient leur comblement par rapport au sol dans lequel elles ont été creusées. Ce type de structures existent surtout à partir du moment où l’homme est devenu sédentaire, c’est-à-dire, dès la période du Néolithique.

-  des structures conservées en « positif », vestiges de sols d’occupation (sols sur lesques les hommes circulaient) ou d’éléments construits encore en place.

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Un sol néolithique.

Il peut s’agir de restes de murs, de voies de circulations, de fours, de tas de détritus, d’amas de rejets (silex par exemple, pour une activité de taille) ou tout simplement des niveaux de sols abandonnés après le départ des hommes.

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Un sol paléolithique.

Ils peuvent parfois être in situ, c’est-à-dire tels que les avaient placés les anciens yvelinois. C’est le meilleur contexte de découverte que l’archéologue puisse espérer pour comprendre l’occupation passée.



Comment enregistrer les découvertes pour conserver les informations sorties de terre ?

Pour garder la mémoire des découvertes effectuées et reconstituer l’histoire, un maximum d’informations doit être relevé, identifié et conservé.

Chaque tranchée a reçu un numéro qui lui était propre (de 1 à n). Chaque structure découverte dans la tranchée a aussi été numérotée de 1 à n et a été relevée sur papier millimétré puis enregistrée et décrite.

Comment fouiller les structures archéologiques ?

La fouille des structures découvertes dépend de leur type. Quelque fût le type de structure, le mobilier issu de la fouille a été mis en sac avec une étiquette sur laquelle toutes les informations nécessaires à sa localisation ont été reportées (n° de tranchée, date de fouille, etc.). Une fois la fouille terminée, l’archéologue a photographié et dessiné la structure sur papier millimétré. La structure a été décrite avec précision dans le cahier d’enregistrement. Le diagnostic archéologique ne vise pas à la fouille complète des vestiges mis au jour, mais à en évaluer le potentiel. Pour cela, les structures découvertes sont fouillées partiellement.

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Cette grande fosse a été fouillée par quarts opposés. Chacune des coupes a été dessinée.

-  Les structures en creux ont été fouillées par moitié ou par quart (fosses ou trous de poteau) ou par tronçon (fossés) en suivant le bord du creusement. Le sédiment qui remplissait la structure a été évacué tout en récupérant le mobilier archéologique. La partie non fouillée a servi de témoin : il restait une coupe que l’archéologue a lue en identifiant les différents niveaux de remplissage de la structure (unités stratigraphiques).

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Dessin et prélèvement des objets au m².
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Relevé d’un amas de débitage de silex : les déchets abandonnés lors de la fabrication des outils.

-  Les structures en « positif », quant à elles, ont été fouillées en retirant le sédiment situé autour du mobilier sans déplacer ce dernier. Elles ont été fouillées sur quelques mètres carrés, suffisamment pour permettre à l’archéologue de les interpréter. Un carroyage a permis de relever le mobilier avec précision et surtout de le prélever en sauvegardant les données spatiales.



Comment se sont présentés les vestiges sur le diagnostic de Flins-sur-Seine et des Mureaux ?

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Stratigraphie simplifiée du sous-sol à Flins/Les Mureaux, avec les types de vestiges découverts pour chaque période.
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Frise chronologique des périodes correspondant aux découvertes réalisées à Flins/Les Mureaux.

De façon synthétique, sur les terrains diagnostiqués à Flins-sur-Seine et les Mureaux, les vestiges structurés les plus récents découverts ont été datés de l’Antiquité tardive (Ve siècle ap. J.-C.) et les plus anciens du Paléolithique supérieur (13 000 ans av. J.-C.). Comme sur tout site archéologique, suivant la logique stratigraphique (répartition verticale des niveaux d’occupation), les vestiges les plus récents se trouvaient en haut et les vestiges les plus anciens en bas.



Les types de vestiges découverts pour chaque période :
-  Antiquité : du mobilier épars, des structures en creux et des niveaux de sol.
-  Âge du Fer : du mobilier épars et des structures en creux
-  Âge du Bronze : du mobilier épars, des structures en creux et des niveaux de sol.
-  Néolithique : du mobilier épars, des structures en creux et des niveaux de sol.
-  Paléolithique supérieur : un sol d’habitat.


Épisodes suivants... Période chronologique par période chronologique, quels types de sites a-t-on découvert ?

En image...

Marquage d'un fossé gaulois et des trous de poteau associés. Un sol de l'âge du bronze. Un fossé gaulois a été repéré et fouillé par tronçons, puis sa coupe dessinée. Patiemment, l'archéologue a dégagé la structure archéologique sans déplacer les objets (ici, un amas de débitage de silex) . Installation d'un carroyage.
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"J’ai toujours rêvé d’être archéologue", l’expérience d’élèves de 5e de Bondy, dont le collège accueille en résidence Cyrille Le Forestier, archéologue de l’Inrap, pour une année scolaire. Une émission de 30 mn sur France Culture où les enfants s’expriment sur leurs découvertes et le métier d’archéologue. A écouter !

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