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Des Gaulois aux Gallo-Romains : une demeure d’aristocrates et ses jardins (Richebourg)

Au lieu-dit de la "Pièce du Fient" une fouille programmée a été menée par le SADY entre 1994 et 1999. Les découvertes se sont révélé de première importance pour comprendre le processus de romanisation dans les campagnes gauloises à la fin du Ier siècle avant J.-C.











Une villa à la mode romaine...

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Vue aérienne de la villa fouillée à Richebourg au lieu-dit "La Pièce du Fient".

C’est vers 40 avant J.-C. qu’un premier enclos, constitué de fossés associés à un talus, est installé afin de protéger une habitation qui montre déjà une architecture caractéristique du monde romain : murs maçonnés et toiture de tuiles.

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Monnaie gauloise, figurant un profil barbu, caractéristique du peuple Carnute (Ier s. avant J.-C.).

Le propriétaire de cette villa pourrait être un Gaulois, ayant travaillé pour Rome, et revenu assez enrichit pour faire bâtir sa demeure à la mode romaine. En effet, le bâtiment principal comprend une grande salle à foyer central et est bordé de galeries sur trois de ses côtés, ce que les Gaulois ne connaissaient pas. À l’extérieur de l’enclos, on retrouve également un premier petit sanctuaire privé ayant livré, notamment, de nombreuses monnaies (voir quelques exemples dans le diaporama).

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Intaille en onyx (pierre d’une bague gravée en creux) représentant l’empereur Auguste jeune (fin du 1er s. avant J.C.).

Dans les années 10 avant J.-C., une nouvelle résidence luxueuse est bâtie sur deux étages et agrémentée d’une galerie à colonnade en façade. Cette demeure connaît de multiples réaménagements avec, par exemple, l’installation de "pavillons" de part et d’autre de la colonnade. L’un d’eux sert, dès les années 50 de notre ère, de bains privés chauffés par hypocauste.

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Maquette de la villa de Richebourg (P. Velu). A gauche, la résidence du maître, au centre le jardin d’ornement et, à droite, le bâtiment de stockage.

En vis à vis, un imposant bâtiment de stockage, flanqué d’une grande tour, a servi à entreposer les récoltes, peut-être des grains issus de prélèvements fiscaux sur les récoltes que le propriétaire contrôlait.




... et son jardin d’agrément

Entre ces deux bâtiments est aménagé un espace de jardins, qui représente à ce jour le plus exceptionnel exemple étudié en Gaule. Il s’organise autour de deux chemins empierrés et croisés, divisant les jardins en quatre parterres de terre végétale. Au dessus des chemins, des pergolas de bois sont attestées par la présence de calages de poteaux symétriques.

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Pots en terre cuite servant à la transplantation d’arbustes, découverts dans le jardin de la villa de Richebourg.

À l’intérieur des massifs de terre ont été découverts près de 150 pots perforés servant aux plantations ou au repiquage d’arbres ou d’arbustes. L’analyse des pollens conservés dans le sédiment a permis de définir les essences d’arbustes plantés dans le jardin, notamment du lilas ou, plus étonnant, du mélèze, du cèdre et, peut être, de l’olivier, tous originaires du sud de la France ! Ce site reste à ce jour l’un des jardins les mieux documentés de l’ensemble du monde antique.


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Détail de la maquette de la villa : le fanum et les chapelles, situés à l’extérieur de la pars urbana (P. Velu).
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Aquarelle représentant l’ensemble du domaine de la villa de Richebourg (S. Païn).

Le secteur fouillé correspond principalement à ce que l’on appelle la pars urbana, ou la zone d’habitation du propriétaire et ses dépendances directes, notamment un bâtiment sur cave. À Richebourg, celle-ci s’étend sur près d’un hectare. Mais, vers l’ouest, se développait également une vaste cour, la pars rustica, regroupant les bâtiments liés à l’exploitation agricole (étable, greniers, granges, remises), à peine explorée, ainsi qu’une zone cultuelle pourvue d’un fanum carré à galerie et de trois petites chapelles, qui a pu être fouillée.



Au IIIe siècle (vers 250), le départ des propriétaires entraîne une modification majeure du site. La pars rustica (cour agricole) est détruite et ses matériaux récupérés. L’ancienne résidence de la pars urbana est réaménagée en bâtiment d’exploitation et de nouvelles constructions en pierre et en bois sont édifiées sur une surface plus restreinte. L’activité du site semble alors plus nettement orientée vers l’élevage (présence d’enclos à bétail comme de séchoirs et de fumoirs à viande). Cet établissement agricole est définitivement abandonné vers les années 290.




Pour en savoir plus sur cette villa :

- L’ouvrage "Carte archéologique de la Gaule - Les Yvelines".

- La vidéo et le livret d’accompagnement "Gaulois au service de Rome".

- La maquette à emprunter "Un domaine agricole en Gaule romaine".

- Bibliographie Antiquité

En image...

La cave située sous le bâtiment de stockage. Denier en argent représentant Néron jeune (frappée en 51 ap. J.-C.). Denier en argent représentant Marc-Aurèle et Commode (de g. à d.), frappé en 174 à Rome. Denier en argent de la République romaine, frappé en 45 avant J.-C. en Afrique du Nord.
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