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Épisode 9 : après le terrain, l’étude… (dernier épisode)

De septembre à décembre 2009…

Les tranchées de sondage terminées et rebouchées, commence la phase dite de "post-fouille". Il s’agit de traiter et d’étudier toute la documentation récoltée sur le terrain. Cette phase est aussi longue que le temps du terrain au vu de l’importante quantité d’informations recueillies. Le premier objectif est d’analyser les données afin de rédiger le rapport d’opération qui sera transmis aux services de l’État (DRAC), dans un délais réglementaire.







Du nettoyage à l’enregistrement : pour une conservation durable du mobilier

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Le lavage des objets non métalliques se fait à l’eau claire et à la brosse à dents.

Ramené à Montigny-le-Bretonneux au fur et à mesure de sa découverte, le mobilier (les objets) a d’abord été soigneusement lavé (sauf les objets métalliques), puis mis à sécher, le tout en prenant soin de ne pas perdre les indications concernant sa localisation (zone, tranchée, fait).

Une fois sec, il est trié par matériau (céramique, pierre, torchis, os…), puis mis en sac plastique propre.

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Enregistrement des lots et éclats d’objets et des objets remarquables sur la base "Collections".

Chaque objet isolé ou lot d’objets est enregistré dans la base de données "Collections", gérée par le régisseur des collections. Cette base attribue un numéro unique à chaque objet et permet de conserver toutes les informations sur sa nature, son matériau, sa description, sa provenance, son état de conservation…







L’étude du mobilier

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Planche de silex néolithiques issus des tranchées 8 et 10.
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Tri des éclats de silex : vers une première identification.

Après leur lavage, tri, restauration éventuelle, dessin et photographie, les objets sont analysés par des spécialistes selon leur période et leur matériau de fabrication : la céramique antique, l’industrie de la pierre du Paléolithique, le mobilier métallique médiéval, les ossements d’animaux ou les ossements humains… Ainsi, tout le mobilier est observé et comparé avec d’autres objets de même type et de même fonction de la région et de plus loin. Cette approche typologique est actuellement la principale méthode de datation utilisée en archéologie.



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Le SADY dispose de 400 m² de réserves adaptées aux collections archéologiques et composées d’étagères mobiles et fixes.

Après leur étude, les objets sont mis en caisse et stockés dans les réserves du SADY, à Montigny, où le taux d’humidité et la température sont contrôlés.


À savoir :
Le mobilier issu des diagnostics peut être conservé jusqu’à une durée de deux ans pour étude, puis il doit être restitué pour moitié à l’État et, pour l’autre, au propriétaire du terrain (art. L.523-14 du Livre V du Code du patrimoine). Ceux-ci peuvent en confier la conservation à une collectivité locale dotée d’un équipement adapté.
Les collections issues du diagnostic à Flins/Les Mureaux sont à présent la propriété de l’État et restent conservées au SADY.












La conservation-restauration du mobilier

Certains objets très fragiles ont été directement confiés à la restauratrice du SADY afin de recevoir les traitements appropriés à leur conservation, mais parfois à leur lisibilité même.

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Les étapes de conservation-restauration d’un vase fragile.

Parcours d’un vase de la fin de l’époque gauloise fragile :
1- sur le terrain, dégagement délicat du vase (l’intérieur n’est pas vidé).
2- il est tout de suite enveloppé dans du film étirable pour maintenir son humidité. Il est ensuite placé dans une caisse de sable afin d’atténuer les vibrations pendant le transport.
3 à 5- au laboratoire, la restauratrice enlève le film protecteur et renforce au fur et à mesure les fissures extérieures du vase avec du papier Japon collé à l’eau.
- une fois le vase totalement renforcé, l’intérieur est lentement fouillé par la restauratrice, puis nettoyé et les fissures sont alors consolidées par l’infiltration de colle.
6- après séchage, le vase est prêt a être manipulé (avec précaution) par les archéologues pour son étude (dessin, photographie, description).


Le traitement de la documentation de fouille

Toute note écrite, relevé et photographie reçoit aussi un traitement particulier pour son exploitation et sa conservation.

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Mise au propre des relevés faits sur le terrain (numérisation et vectorisation).

Les plans du site et les dessins d’objets sont tous numérisés et mis au propre informatiquement (logiciel de Dessin Assisté par Ordinateur) pour faciliter leur intégration dans le rapport. Les originaux sont inventoriés et enregistrés dans une base de données, puis stockés dans les réserves du SADY.
Les supports numériques (plans, photographies, dessins d’objets) sont triés, éventuellement retravaillés, et inventoriés dans une base de données "Images", puis placés sur un serveur informatique.

Cet ensemble forme les "archives de fouille" qui conservent la mémoire des observations faites par les archéologues. Ces archives sont indispensables car l’archéologie, par sa méthode même de fouille, détruit son objet d’étude.



Faire parler les indices… et les publier

Une fois l’ensemble des indices étudié, la rédaction du rapport de diagnostic peut débuter : description de chaque structure, du mobilier caractéristique et synthèse sur l’occupation humaine par grande période chronologique… cela représente au total deux volumes de 458 et 238 pages (dont 234 pages d’inventaire et 404 illustrations ).

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Couverture du rapport de diagnostic rendu à l’issue de l’opération.

Le rapport est envoyé aux représentants de l’État (DRAC-service régional de l’Archéologie) pour un passage en commission scientifique. La Commission interrégionale de la recherche archéologique (CIRA) émet alors un avis scientifique sur les résultats de l’opération ; cet avis déterminera le choix des services de l’État d’engager ou non une fouille préventive.

Quel avenir pour le site ?
À Flins-sur-Seine et aux Mureaux, les découvertes se sont arrêtées là, car le projet d’aménagement qui avait déclenché la procédure de diagnostic archéologique (le circuit de Formule 1) a été abandonné. Le terrain est, à présent, de nouveau exploité par l’agriculture, mais le potentiel archéologique reste important sur une grande partie des 104 ha diagnostiqués.

En image...

Vectorisation des dessins d'objets avec un logiciel de dessin assisté par ordinateur (DAO).
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"J’ai toujours rêvé d’être archéologue", l’expérience d’élèves de 5e de Bondy, dont le collège accueille en résidence Cyrille Le Forestier, archéologue de l’Inrap, pour une année scolaire. Une émission de 30 mn sur France Culture où les enfants s’expriment sur leurs découvertes et le métier d’archéologue. A écouter !

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