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Un instrument pour les soins du corps…

Un diagnostic archéologique réalisé en 2015 par le SADY (sous la responsabilité de B. Van den Bossche), préalablement à l’extension de la station d’épuration des Mureaux, a donné lieu à une découverte intéressante.

Un petit objet en alliage cuivreux (bronze) a été retrouvé à 50 cm de profondeur, mais hors de son contexte d’origine. Il possède une tige de section circulaire et d’un diamètre de 3 mm au centre, qui s’amincie vers les embouts. L’un d’eux présente une forme d’olive et l’autre probablement le départ d’une spatule concave (ou cuilleron), séparée de la tige par des annelets. Il est malheureusement en mauvais état de conservation : la tige est tordue et la spatule semble brisée. Redressé, cet instrument mesure 11 cm de long.

Ce type d’objet, daté de l’époque romaine, peut être utilisé aussi bien à des fins médicales que cosmétiques. En effet, la spatule sert aux mélanges et à l’application de crèmes, de pommades et autres onguents. Elle peut être concave ou très fine, pliée en V, pour faciliter l’application des produits sur la zone du corps à traiter. L’autre extrémité, olivaire, peut servir de sonde, de broyeur ou même de cautère. Pour son usage médical, cet instrument est connu sous le nom de cyathiscomèle.

Des auteurs grecs et romains dévoilent, dans quelques textes, certains soins que les femmes apportent à leur visage notamment. Elles aiment se farder les yeux et usent de crèmes pour avoir bonne mine et effacer les rides (Ovide, De Medicamine faciei : http://data.bnf.fr/12213132/ovide_l...).
Hippocrate recommande d’ailleurs pour le teint, une préparation à base de décoction d’orge, de blanc d’œuf, de farine de lupin, de figue, de graine ou de racine de chou (Des maladies des femmes, II, 188).
Et A. C. Celse, dans son Traité de médecine, soigne les boutons avec un mélange de résine, d’alun et de miel (De Medicina, VI, V : http://www.biusante.parisdescartes....)…

Cependant, sorti de son contexte d’utilisation et en l’absence d’autres objets l’accompagnant, il est difficile de savoir si le petit instrument découvert aux Mureaux appartenait à la trousse de toilette d’une femme ou à celle d’un médecin...

… un objet qui enrichit la collection yvelinoise

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Sept autres instruments romains conservés au SADY.

Les réserves du Service archéologique départemental des Yvelines conservent sept autres objets du même type, issus de contextes plus ou moins bien documentés. Ils sont systématiquement datés de l’Antiquité. Deux instruments proviennent des ateliers de potiers antiques de La Boissière-École (n° 1 et 3), trois de la villa gallo-romaine de Richebourg (n° 4, 5 et 6), un de la villa de Limetz-Villez (n° 7) et le n° 2 est issu, lui aussi, de l’agglomération antique des Mureaux. L’instrument de Limetz-Villez (n° 7) possède une particularité : l’une de ses extrémités n’est pas une spatule mais une “curette” coudée, permettant de nettoyer de petits orifices, tels les yeux ou les oreilles.

Ainsi, ces petits objets peu spectaculaires témoignent de préoccupations sanitaires et médicales durant l’époque romaine, du moins pour certaines personnes relativement aisées (riches artisans, propriétaires terriens, aristocrates…).

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"J’ai toujours rêvé d’être archéologue", l’expérience d’élèves de 5e de Bondy, dont le collège accueille en résidence Cyrille Le Forestier, archéologue de l’Inrap, pour une année scolaire. Une émission de 30 mn sur France Culture où les enfants s’expriment sur leurs découvertes et le métier d’archéologue. A écouter !

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