Une nymphe à Septeuil


Cette splendide statue en marbre blanc (96 x 57 cm) a été découverte en 1984 lors de la fouille d’un sanctuaire gallo-romain, effectuée à l’occasion de l’aménagement de la déviation de Septeuil (RD 983) (lire l’article sur le site). Une rivière, la Vaucouleurs, qui traversait la future déviation, devait être canalisée ; les vestiges d’un temple ont alors été repérés au fond du cours d’eau. Son étude a tout d’abord nécessité une fouille subaquatique puis, finalement, l’utilisation de pompes pour évacuer l’eau.

JPEG - 389.5 ko
La statue de nymphe au moment de sa découverte dans les remblais (Septeuil).

La statue, réalisée en ronde bosse, représente une femme allongée, accoudée, une main posée sur un vase et couverte d’un drapé sur la partie basse du corps et le dos. Les pieds sont manquants. Une analyse menée sur un échantillon de la pierre (Laboratoire de recherches et applications géologique de Bordeaux) a permis de localiser la provenance de ce marbre blanc au nord-ouest de la Toscane, en Italie (le marbre de Carrare).

JPEG - 375.7 ko
Détails du bras gauche, de la main droite et de la chevelure lors de la découverte.

Globalement la sculpture est de belle qualité, en dehors de quelques erreurs de proportion et du rendu maladroit des plis du drapé qui se voulaient donner l’impression d’être mouillés. La pose alanguie évoque l’attitude des allégories de fleuve de la statuaire romaine. Son style est aussi à comparer aux modèles de la Grèce hellénistique ou à leurs copies romaines (ex. la déesse Aphrodite).
Communément, on identifie cette figuration à celle d’une nymphe , déesse de rang inférieur habitant les bois, les fleuves ou les montagnes dans la mythologie grecque. On leur attribuait un pouvoir nourricier et fertilisant tant pour la nature que pour les Hommes. Un culte leur était rendu dans des grottes naturelles ou artificielles situées à l’emplacement d’une source.

La sculpture, par son style et sa qualité, semble être l’œuvre d’un artiste romain de la fin du Ier siècle ou plutôt du début du IIe siècle après J.-C.

La place de cette sculpture dans le sanctuaire : des hypothèses

L’architecture du temple et son lien avec l’eau (système de canalisation pour acheminer de l’eau et installation sur une source naturelle) permettent d’identifier le bâtiment comme un véritable sanctuaire de source. Par ailleurs, l’espace sacré du bâtiment, la cella, est semi-enterré dans le flanc de la colline comme pour se rapprocher de l’image d’une grotte.

Lors de sa découverte, la statue était dans un niveau de destruction correspondant à la deuxième phase d’utilisation du temple (sa tête et son genou gauche ont été retrouvés plus loin). Sa localisation initiale dans le sanctuaire reste donc encore sujette à questions.

Les proportions du corps et la forme du drapé laissent supposer que la statue a été réalisée pour être vue d’au-dessus. Elle devait vraisemblablement être placée sur un socle, relativement bas, le long d’un mur. Par ailleurs, le percement du vase que la nymphe présente de sa main gauche (l’hydrie) n’est pas d’origine. Il a été effectué par la suite pour intégrer la statue au système hydraulique du sanctuaire en la plaçant dans une niche haute du mur sud (telle qu’elle se présente aujourd’hui). Cette niche, plus petite, a probablement obligé les architectes à enlever les pieds de la nymphe pour la raccourcir.

JPEG - 145.2 ko
Schéma du système hydraulique, dans le sanctuaire, intégrant la statue.

Ainsi, l’eau, captée au sud du site, s’écoule par l’hydrie de la nymphe et circule par un tuyau en plomb intégré au mur. Elle est ensuite acheminée par un caniveau couvert aboutissant à une rigole ouverte dans le sol dallé et s’évacue latéralement vers l’extérieur du bâtiment. Le sanctuaire est, par ailleurs, doté d’un bassin octogonal, dallé de marbre, installé directement sur la résurgence d’une source.

JPEG - 433.8 ko
Restitution du sanctuaire de Septeuil : la statue (moulage) est dans la niche du fond.
À savoir
Devant cette découverte exceptionnelle, le Conseil général des Yvelines a financé la construction d’une restitution de ce sanctuaire de source (ainsi qu’un moulage de la statue) tel qu’il a été révélé par les archéologues.
Situé à côté du lieu de découverte, il est accessible librement ou peut être commenté par une personne du pôle Médiation du SADY (voir les contacts). L’original en marbre de la nymphe peut être contemplé au musée d’Archéologie nationale, à Saint-Germain-en-Laye.

En image...

Situation du nymphée de Septeuil à visiter.
Inscription newsletter
Recevez toute l'actualité du SADY

Sites internet favoris

"J’ai toujours rêvé d’être archéologue", l’expérience d’élèves de 5e de Bondy, dont le collège accueille en résidence Cyrille Le Forestier, archéologue de l’Inrap, pour une année scolaire. Une émission de 30 mn sur France Culture où les enfants s’expriment sur leurs découvertes et le métier d’archéologue. A écouter !

La liste complète des liens...