Antiquité

De -52 à 476

Le territoire et les hommes

Contrairement aux autres périodes où la partie nord du département est plus densément peuplée, à l’époque gallo-romaine, l’ensemble du territoire est très peuplé et la distinction nord/sud est moins marquée.








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Carte des sites gallo-romains.
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Provinces romaines.

Les Yvelines faisaient partie de la province romaine appelée La Lyonnaise. Les villes principales à l’époque gallo-romaine sont les chefs-lieux des cités, entités territoriales et administratives reprenant le découpage des peuples de l’époque gauloise. Les chefs-lieux les plus proches des Yvelines sont Chartres, Paris, Evreux et Rouen. Il existe aussi des agglomérations plus petites. Dans les Yvelines, on trouve seulement ces agglomérations de moyenne importance comme Jouars-Pontchartrain, Septeuil, Les Mureaux, Epône, Maule, Bonnières-sur-Seine et Ablis. Il existe de fortes probabilités pour qu’Houdan et Poissy soient également des agglomérations gallo-romaines.

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Voies romaines traversant le département (d’après Y. Barat et I. Renault-SADY).

Le réseau routier est bien développé, il forme de grands axes reliant entre eux les chefs-lieux de cité. Le réseau de voies terrestres est également constitué de voies secondaires pour les agglomérations de moindre importance et la desserte des villae. Le transport des marchandises se réalise de préférence par voie fluviale sur de grandes barques à fond plat qui remontent les rivières. Avec la Seine, trois rivières sont navigables, la Mauldre, la Vaucouleurs et l’Epte, réservées aux petites embarcations.

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Port antique des Mureaux (dessin d’Y. Barat, SADY).

Le port antique des Mureaux, fouillé par le Service archéologique départemental, a été construit au Ier siècle après J.-C. en bord de Seine, de part et d’autre de la voie terrestre menant de Beauvais à Orléans.

Production agricole et artisanale

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Vue aérienne de la villa de Richebourg.

De nombreuses fermes gauloises perdurent sans grandes modifications. Un autre mode d’exploitation agricole apparaît : la villa. Elle se compose de deux ensembles, le bâtiment résidentiel, réservé au propriétaire, et les bâtiments d’exploitation (granges, cellier, ateliers…). Plusieurs villae ont fait l’objet de fouilles archéologiques. Les mieux connues sont celles de " La Millière " aux Mesnuls, de Limetz-Villez et de Richebourg. Cette dernière possédait un grenier stockant probablement les récoltes de céréales d’autres domaines. En effet, ses capacités de stockage sont supérieures à celles d’une villa et l’étude des pollens a montré que les céréales entreposées n’étaient ni cultivées, ni préparées sur place. Cette quantité est probablement due aux besoins de Rome en céréales pour approvisionner son vaste Empire et ses armées.

Au lieu dit de " L’Ile Belle " à Meulan, ont été retrouvés des milliers d’écailles de poisson mais pas d’arrêtes, suggérant ainsi la présence d’une pêcherie où l’on préparait le poisson avant de l’exporter.

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Poteries de l’atelier de la Boissière-Ecole.

Les fouilles archéologiques ont permis de mettre au jour plusieurs sites de fabrication de céramique dans le département. En effet, la majeure partie de la vaisselle utilisée provenait d’ateliers locaux ou régionaux. Epône possède son propre atelier de potiers tout comme Jouars-Pontchartrain. Ces ateliers sont liés aux agglomérations qui leur amènent une clientèle immédiate. A La Boissière-Ecole, il s’agit d’un atelier de potiers rural des Ier et IIIe siècles après J.-C. Il vend ses céramiques dans un périmètre de 30 à 40 km alentour. Le site a pu être étudié dans son intégralité, ce qui est rare, permettant d’avoir une compréhension globale de l’organisation de la production des poteries. Certaines poteries produites témoignent de l’adoption des goûts gallo-romains, comme les poêlons, utilisés pour faire frire les aliments.

Les artisans gallo-romains maîtrisent d’autres formes d’artisanat parmi lesquels le travail du verre dont des traces ont été détectées aux Mureaux. La métallurgie du fer est une activité attestée à Arnouville-les-Mantes au Haut Moyen Âge, mais celle-ci date probablement de la période gallo-romaine.

Architecture et habitat

L’habitat présente des formes diverses. Les maisons peuvent être de simples bâtiments en torchis avec des poteaux de bois ou des bâtiments en pierre luxueux de grandes dimensions comme le palais de Saint-Martin-de-Bréthencourt. Les matériaux de construction varient selon la richesse du propriétaire, ainsi que la fonction des bâtiments.

Dans la ville antique de Jouars-Pontchartrain, dont on connaît le nom gallo-romain, Diodurum, même si la plupart des habitats sont construits en bois et en torchis, des maisons ayant pour base des murets de pierre datant du Ier et IIe siècles après J.-C. ont été mises au jour, ce qui montre une évolution dans l’architecture courante.

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Bains de la villa de Limetz-Villez.
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Coupe d’un hypocauste (système de chauffage par le sol inventé par les romains). Dessin réalisé d’après JP Adam 1984.

Les villae gallo-romaines fouillées dans les Yvelines possèdent des éléments caractéristiques du mode de vie gallo-romain tels que des bains, des pièces chauffées par hypocauste, des galeries à colonnade devant les bâtiments, des décors nombreux sur les sols et les murs.

Dans les villae de Richebourg, Limetz-Villez et Crespières, des fragments de peintures murales ont été découverts. La villa de " La Millière " aux Mesnuls possède des peintures murales exceptionnelles. Le plafond, reconstitué, se présentait sous la forme d’une voûte d’arrête. La peinture principale représente les quatre saisons personnifiées dans des médaillons. Ces villae possèdent aussi des mosaïques comme celle de Saint-Martin-de-Bréthencourt, des marbres et des pierres ornementales provenant de tout l’Empire, utilisés en placages muraux ou en dallage.

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Maquette de la villa de Richebourg.
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Pot de transplantation du jardin de la villa de Richebourg.

Devant le bâtiment résidentiel de la villa de Richebourg s’étendait un jardin. Un grand nombre de pots de fleurs perforés ont été découverts. Ils servaient à transplanter des arbres et arbustes plantés à espaces réguliers et géométriquement. Les fondations d’une pergola ont également été détectées. Les analyses des pollens conservés dans la terre et dans les pots ont permis de mieux connaître les plantations du jardin. On y trouve essentiellement des conifères (mélèze, sapin et cèdre) et peut-être des oliviers, importés de Méditerranée. Grâce à ces études archéologiques, le jardin a pu être reconstitué. C’est la première fouille de ce type en France.

En plus des bâtiments résidentiels et privés, les villes se dotent de bâtiments publics pour se rapprocher de la vie " à la romaine ". Ainsi, la ville de Jouars-Pontchartrain possédait un théâtre.

Vie spirituelle

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Vue du sanctuaire de Bennecourt en cours de fouille.
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Maquette du sanctuaire de Bennecourt.

Les recherches archéologiques ont permis de découvrir plusieurs lieux de culte gallo-romains dans le département.

A Bennecourt, les temples gaulois, en bois, sont reconstruits en pierre au Ier siècle après J.-C. D’autres sanctuaires ont été découverts à Jouars-Pontchartrain. Il existe aussi des temples " privés " comme à Richebourg.

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Maquette du fanum de Richebourg.





Ces ensembles cultuels possèdent un bâtiment principal de forme carrée, nommé fanum. La cella, lieu sacré dédié à la divinité et réservé au clergé, est entourée d’une galerie que les fidèles empruntent afin de déposer leurs offrandes.

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La nymphe de Septeuil.

La ville de Septeuil possède un sanctuaire de source (nymphée). L’étude de ce sanctuaire a nécessité une campagne de fouille subaquatique. En effet, cet édifice, construit à la fin du Ier siècle après J.- C., se trouve noyé par la source qui a fait son renom. Les fidèles rendaient un culte lié à l’eau, c’est pourquoi on y a trouvé la statue d’une nymphe placée dans une niche au fond du bâtiment. Elle porte une urne dont sortait de l’eau grâce à un ingénieux système hydraulique. Au milieu du IVe siècle, un sanctuaire dédié au dieu Mithra y est aménagé. Une reconstitution de l’état du nymphée tel qu’il a été trouvé lors des fouilles a été réalisée. Elle est visitable aujourd’hui.

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Reconstitution du nymphée de Septeuil.

A l’époque romaine, les lieux de sépulture se situent hors des sites habités. Les corps étaient incinérés, puis à la fin de l’empire romain, en relation notamment avec le développement du christianisme, on adopte l’inhumation. Les fouilles de la nécropole de Maule ont mis au jour un millier de tombes. Près de 200 d’entre elles datent de l’époque gallo-romaine. A Septeuil, un nouveau-né a été retrouvé inhumé dans une jarre, comme à Limetz-Villez, où ils étaient déposés à l’extérieur de la villa, tout près du mur d’enceinte.

- Bibliographie

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"J’ai toujours rêvé d’être archéologue", l’expérience d’élèves de 5e de Bondy, dont le collège accueille en résidence Cyrille Le Forestier, archéologue de l’Inrap, pour une année scolaire. Une émission de 30 mn sur France Culture où les enfants s’expriment sur leurs découvertes et le métier d’archéologue. A écouter !

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